13 novembre 2009
Un chien andalou
Réalisé par Luis Buñuel
Avec Luis Buñuel, Pierre Batcheff, Simone Mareuil
Court-métrage
français.
Genre :
Court métrage
Durée :
17 min
Année de production :
1928
Tout commence sur un balcon où un homme aiguise un rasoir... La suite
est une série de métamorphoses surréalistes. Un homme sectionne l'œil
d'une jeune fille. Un nuage passe devant la lune. Huit ans après. Un
cycliste tombe accidenté dans la rue. La jeune fille lui porte secours
et l'embrasse...
1928, Salvador Dali fait un rêve. Visiblement fasciné par plusieurs
éléments qui s'y trouvaient, il décide d'en tirer un scénario avec
l'aide du cinéaste Espagnol Luis Buñuel, lequel se chargera par la
suite de retranscrire à l'écran ce travail. Depuis, 80 années ont
passées mais le caractère novateur de l'expression surréaliste ne s'est
pas envolé, loin de là. Allant à l'opposé de toutes les idées reçues en
terme d'art, prenant à contre-pied les quelques règles qui avaient
alors été érigées pour les salles obscures, ce court-métrage de 15
minutes est depuis reconnu comme l'une des créations phares d'un
mouvement pas comme les autres. Point de linéarité, plutôt une
succession de flashs-back troublants car comportant bien évidemment
chacun des bribes des autres permettant ainsi de relier non pas
logiquement mais bel et bien visuellement des scènes
sans lien apparent. Buñuel repousse très loin les traditionnelles
conceptions d'espace-temps et enchaîne avec une aisance stupéfiante des
images devenues marquantes pour la mémoire collective. "Un Chien
andalou" bénéficie en outre d'un montage soutenu, rythmant
intelligemment un essai remarquablement mis en musique. On peut ainsi
un quart d'heure durant admirer de nombreux plans à la grammaire très
étalée (Orson Welles n'a rien apporté !) pour un résultat techniquement
superbe. Si l'on excepte un faux-raccord criant (qui plus est à un
instant-clé, sacrilège !) et une caméra mobile ayant parfois du mal à
s'accommoder de quelques mouvements apparemment compliqués à appliquer
avec les outils de l'époque, on peut légitimement et objectivement
constater qu'il s'agit d'une petite merveille visuelle.
Personnellement, je dois dire qu'il m'a frappé car comprenant toute une
série d'éléments me touchant particulièrement, étant particulièrement
sensible notamment aux récits inconscients. Jorodowsky ira plus loin
encore dans la provocation et l'absurde quarante ans plus tard avec son
inoubliable "Fando et Lis".
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