28 septembre 2009
Dick Tracy
Date de sortie : 26 Septembre 1990
Réalisé par Warren Beatty
Avec Warren Beatty, Al Pacino, Madonna
Film américain.
Genre : Policier, Action
Durée : 1h 47min.
Année de production : 1990
Distribué par Warner Bros. France
La célèbre bande dessinée qui a tenu en haleine des générations d'Américains depuis 1931 portée à l'écran avec des bons vraiment bons, dont le séduisant et incorruptible policier Dick Tracy, et des méchants vraiment méchants.
Nicolas Sarkozy look-a-like
C'est à un spectacle visuel fort amusant que nous convie W. Beatty dans cette adaptation d'un célèbre «comic strip» américain. Les décors en carton-pâte et la recherche constante de forts contrastes colorés composent des images puissantes, qu'agrémentent de magnifiques vieilles voitures et un élégant (mais peu crédible) décor «art déco». Les comédiens, à qui on a fait des têtes caricaturales, semblent bien s'amuser à jouer des rôles qui ne le sont pas moins. Ce réjouissant ensemble est cependant un peu gâché par un storyboard pas très heureux, qui laisse s'allonger inutilement certaines scènes alors qu'il s'attarde sans raison évidente sur d'autres. Le scénario souffre aussi du même problème: construit autour d'une histoire très simple, il s'égare parfois dans des éléments de détail qui n'ont pas leur place dans un ensemble où le trait doit rester décisif, voire fruste. Mais ne serait-ce qu'à cause des magnifiques images qu'il propose, le film mérite d'être vu.
Dick Tracy (Teaser Trailer) Higher Quality
envoyé par NakedBrotha2007. - Court métrage, documentaire et bande annonce.
Cannibal! The Musical
Réalisé par Trey Parker
Avec Dian Brachar, Stephen Blackpool, Stan Brakhage
Film américain.
Genre : Epouvante-horreur, Comédie musicale, Comédie
Durée : 1h 35min.
Année de production : 1996
Interdit aux moins de 12 ans
Titre original : Alfred Packer : The Musical !
Alfred Packer, un guide de montagne, est accusé d'avoir tué et dévoré le groupe de randonneurs qu'il accompagnait et qui ont disparu.
Premier film de Trey Parker, qui lui a sûrement appris qu'on ne pouvait pas mêler tous les genres (cannibalisme-western-comédie-comédie musicale) dans un même film, mais plutôt dans un dessin animé... Le film souffre des défauts des premiers films, pas de quoi s'affoler (impression de brouillon, inexistence des personnages, faiblesse de rythme). Considérons ça comme un essais du cocktail Parker, dont les principaux ingrédients sont: une bonne dose de délire, une petite dose de gore et surtout, une flopée de chansons pour faire une BO propre au film. On retrouve également deux potes à Parker, Matt Stone bien sur, mais aussi Dian Brachar, qu'on a vu dans "BASEketball" et "Captain Orgazmo". L'un des principaux défauts du film reste quand même ses personnages, on arrive jamais à se repérer, ni sur leur nom, ni sur leur visage, l'image est franchement moyenne, et on a du mal a faire la différence entre un mec barbue fringué en montagnard d'un autre mec barbu fringué en montagnard. "Cannibal! The Musical", tourne étrangement autour de Packer, Parker donc, on dirait que le reste n'est que détail, c'est le seul personnage un peut vivant dans l'histoire, c'est étrange car Parker, qui incarne Packer, si vous avez suivi, n'a pas crédité son nom au générique justement. Soit, non seulement le film mélange horreur, comédie et comédie musicale, mais c'est également une tragique histoire d'amour entre un homme... et son cheval. On se rappelera le portrait de cet homme détruit, disant, au bord des larmes, une réplique désarmante de désespoir: "Elle se laisse monter par d'autres"... Bref, un petit bijou quasi introuvable malheureusement, pour les amateurs d'OFNIS et les fans de South Park.
26 septembre 2009
Ong Bak 2
Date de sortie : 22 Juillet 2009
Réalisé par Tony Jaa
Avec Tony Jaa, Primrata Dej-Udom, Santisuk Promsiri
Film thaïlandais.
Genre : Arts Martiaux, Historique
Durée : 1h 28min.
Année de production : 2008
Distribué par EuropaCorp Distribution
Thaïlande, XVème siècle. Prisonnier de marchands d'esclaves qui comptent se débarrasser de lui en le livrant aux crocodiles, le jeune Tien est sauvé par le mystérieux Chernang, commandant des bandits de Garuda. Sous son aile, l'enfant va bientôt apprendre à maîtriser une multitude d'arts martiaux, les techniques guerrières et le maniement de nombreuses armes blanches. Désormais adulte, Tien passe avec brio les épreuves faisant de lui un combattant accompli, et devient l'un des membres les plus respectés des Garuda. Mais le jeune homme est animé depuis son enfance par un sombre désir de vengeance que rien ne pourra arrêter. Sa cible : le terrible seigneur Rajasena, responsable de ses malheurs passés, et qu'il ne pourra atteindre qu'une fois ses redoutables lieutenants vaincus...
Ce qui frappe en premier lieu n’est ni le poing ni le genou de Tony Jaa mais la qualité étonnante de la réalisation. Si Jaa débute au poste de réalisateur, il a tout aussi bien été conseillé par des pros qu’il a apprit et retenu des films dits classiques des Maitres panasiatique des films d’action et arts martiaux. On retrouve d’ailleurs plus de réminiscences hong kongaise des années 70 que de méthode de travail et réalisation de son mentor Rittikrai dans les larges plans d’ensemble des combats durant plus des 2 millisecondes qui semblent être devenus la mode actuelle. Bien sur cela n’est pas exempt de défauts dérangeants comme des raccords bien voyants pendant les combats ou une utilisation abusive des ralentis, tendance grotesque. Mais ce qui est réellement la valeur ajoutée de Ong Bak 2 c’est bien le soin maniaque apporté aux décors et à la photo. Tourné en milieu naturel, le film transpire la rage, la moiteur et la sang ; avec un petit coté mystique pas déplaisant du tout. Dommage que la qualité d’écriture ne rejoigne pas celle de la photo. Car si le film évite l’écueil des twists et retournements improbables, sa linéarité est une suite de poncifs bien marqués avec au menu la fameuse vengeance. Un classique du film d’action, qui se noie comme souvent dans un déluge de flash back explicatifs plombant radicalement le rythme. Grâce aux acteurs approximatifs et à la naïveté des dialogues et situations, ces passages deviennent une réelle torture ; et ne sont que rarement désamorcés par ce que l’on est venu chercher : des combats. Ne soyons pas hypocrites. Si Ong Bak 2 ne propose que peu de séquences de combat, il se rattrape sur leur durée et leur qualité. A l’image de la monumentale scène finale de près de 15 mn, Jaa déballe un arsenal technique allant du Muay thai au kendo en passant par le kung fu, la lutte et même le ninjutsu. Sous couvert d’une vague excuse scénaristique, Ong Bak 2 propose une variété de combats en forme de book technique à la gloire de son réalisateur / acteur. C’est ici que se situe la grosse faiblesse du film. On ne peut nier que Jaa maîtrise chaque différente technique, mais au final en essayant de se fabriquer une légitimité martiale internationale, Jaa en a oublié l’essentiel : le frisson. Ong Bak 2 n’est en fait pas novateur. Si on n’a peut être pas souvent vu mieux, sur le plan qualité d’exécution alliée à une réalisation avenante, on a vu similaire. Souvent. Où est donc passée la folie physique du premier opus ? Ong Bak 2 n’a pas la primauté de la nouveauté pour lui. Et il ne l’a pas recherché en s’accrochant d’illustres prédécesseurs, et en rajoutant une violence des coups. Mais on ne ressent plus rien. Plus de douleur, plus de peur, plus de frisson de plaisir. Alors est ce que l’escalade thaïlandaise a fini par nous habituer à une surenchère…. Ou Jaa a-t-il joué la carte de l’acquis plutôt que du dépassement de soi ? Reste un bon film de baston une fois expurgé de ses longueurs. Car si il livre ici un produit marketé pour la suite de sa carrière, il est difficile de ne pas avouer qu’au final Jaa vient de marquer un grand coup en terme qualitatif.
Ong Bak 2 - Bande-annonce HD VF (La Naissance Du Dragon)
envoyé par baryla. - Regardez plus de films, séries et bandes annonces.
Repo! The Genetic Opera
Réalisé par Darren Lynn Bousman
Avec Paul Sorvino, Paris Hilton, Alexa Vega
Film américain.
Genre : Science fiction
Durée : 1h 38min.
Année de production : 2008

Nicolas Sarkozy look-a-like
Dans un futur proche, une épidémie provoquant un dysfonctionnement des
organes dévaste la planète. Plus de dix millions de personnes décèdent
à la suite de cette épidémie. La panique éclate et les scientifiques
établissent fébrilement des plans pour une récolte d'organes. Rupture
de la tragédie, GeneCo, une société de biotechnologie aux
multi-billions de dollars, émerge. GeneCo prévoit la transplantation
d'organes par profit. En plus des options de financement, GeneCo se
réserve le droit d'appliquer des mesures en cas de non paiement, y
compris la repossession. Pour ceux qui ne peuvent pas suivre leurs
paiements d'organe, la collecte est de la responsabilité de l'autorité
"Repo man", qualifiés de "Legal Assassins" par GeneCo. Cette
repossession des organes entraînera inévitablement pour le mauvais
payeur... la mort.

Enfermée dans z'un donjoooooooooooon (air connu)
Vous l’aurez compris, Repo est un gros délire scénaristique. Pourtant,
le scénario aurait pu donner lieu à un spectacle aussi dramatique
qu’original, si par exemple Tim Burton s’en était occupé… Mais Bousman
n’a pas la même vision de l’art que Burton. Le réalisateur ne s’attarde
pas sur le côté dramatique de la chose, et préfère s’orienter sur un
mélange hétérogène des genres pour former un genre à part entière qui
se rapproche maladroitement du cinéma GrindHouse. Il faut dire que la perspective de voir chanter le Repo alors qu’il est
en train d’arracher les boyaux d’une victime avait de quoi
décontenancer n’importe quel spectateur. Et rendons à César ce qui est
à César, le scénario du film, sa mise en scène et les bases du récit
sont loin d’être mauvaises, au contraire même. Mais c’est à peu près
tout… Tout d’abord, il y a le côté dramatique du récit, qui est passé à la
moulinette pour ressortir dans une bouille infâme sans la moindre de
poésie ni lyrisme. Bousman est tout simplement incapable de donner le
moindre charisme à ses rôles principaux ou même de faire transparaître
un quelconque sentiment. A cela, on ajoute les nombreuses mélodies,
complètement ratées, qui sont incapables de retranscrire les sentiments
ou même d’intéresser le public. Bousman se contente de mêler rock et
opéra dans un cocktail musical indigeste, avec des paroles qui ne
riment à rien et qui tournent en rond, une absence totale de refrains
(!), sans oublier des musiques qui manquent cruellement de substance.
Pour faire simple : on a l’impression d’assister à une comédie musicale
amateur d’une classe de primaire. Ajoutez à cela des comédiens de
seconde zone, comme Paris Hilton (sic) ou Paul Sorvino, des paroles
d’une stupidité affligeante (Je vais te tuer, je vais te tuer, je vais
te tuer, sur un ton insistant…) et un goût artistique douteux et vous
ne tarderez pas à vous rendre compte qu’il s’agit là de l’une des plus
mauvaises séries Z de tous les temps… Le genre de film qu’on regarde
d’un œil distrait tout en se disant qu’il s’agit d’un canular, d’un
cauchemar éveillé dans lequel se mêlent tripes, rock et
sentimentalisme de bas étage, pour un opéra musical qui n’a rien de
grandiose, de poétique ou même de touchant. L’histoire est juste
pénible à regarder, le film tellement sérieux qu’il en devient ennuyant
à mourir, les acteurs pathétiques et la composition musicale digne d’un
groupe amateur qui s’inspire vaguement d’Evanescence. Vous l’aurez
compris, il n’y a pas grand-chose de positif à retenir de ce film si ce
n’est un profond ennui et les goûts exécrables de Bousman, qui n’en
finit plus de descendre les échelons d’Hollywood…
22 septembre 2009
World Trade Center
Date de sortie : 20 Septembre 2006
Réalisé par Oliver Stone
Avec Nicolas Cage, Michael Peña, Maria Bello
Film américain.
Genre : Drame, Historique
Durée : 2h 10min.
Année de production : 2005
Distribué par United International Pictures (UIP)
11 septembre 2001. Une chaleur étouffante règne dès le lever du
jour dans les rues de New York. Will Jimeno, du Port Authority Police
Department, se demande s'il ne va pas prendre un jour de congé pour
s'adonner à la chasse à l'arc. Il choisit finalement de se rendre au
travail et rejoint le sergent John McLoughlin, alors que celui-ci et
ses collègues du PAPD commencent leur tournée quotidienne dans les rues
de Manhattan. Une journée banale qui commence comme tant d'autres...
Sitôt
l'alerte donnée, cinq policiers, dont McLoughlin et Jimeno, se rendent
au World Trade Center et s'introduisent dans les Tours jumelles.
McLoughlin et Jimeno survivent par miracle à l'effondrement des
gratte-ciel. Ils se retrouvent piégés sous plusieurs tonnes de béton,
de charpentes métalliques tordues, de verre et de gravats...
Après l'aérien "Vol 93", "World Trade Center" est le deuxième film de l'histoire à aborder les événements dramatiques du 11 septembre 2001. Cette fois-ci, Oliver Stone nous fait vivre la tragédie de façon intimiste et apolitique, au travers du regard de 2 policiers ensevelis sous les décombres. Le début de l'histoire est réaliste mais on sent de par la mise en scène et les effets spéciaux qu'il ne s'agit que d'une reconstitution entrecoupée de raccords d'images d'archives. On ne voit rien des crashes ni des 3 effondrements mais ceux-ci sont suggérés de fort belle manière en faveur d'un public extrêmement bien averti. Bien que l'histoire des deux hommes soit vraie, j'aurais préféré celle où pompiers ou de policiers revenus vivants après s'être battus avec acharnement contre les flammes ou les vagues de panique dans les étages (comme ce fut le cas de l'équipe incluant le célèbre caméraman-pompier Naudet). En effet, je ne vois pas où est l'héroïsme à attendre patiemment les secours quand on est bloqué comme un tétraplégique à 10 mètres sous terre. Mais peut-être que leur bravoure se distingue dans l'ironie dramatique dans laquelle ils se retrouvent plongés bien malgré eux. Quant à l'angoisse des familles sans nouvelles, leur émotion peut paraître romancée à outrance mais pas tant que ça en définitive puisque, ce jour là, la réalité dépassait la fiction. Personnellement, quand nous avons appris la nouvelle par le haut-parleur téléphone, mes collègues de bureau sont tous venus m'encercler, héberlués! "On se croirait dans un film!" avais-je lancé, avant même de découvrir les images du chaos new-yorkais à la télévision. Le dénouement est prévisible mais, au lieu de bercer dans une apothéose mal venue, le réalisateur a eu la bonne idée de penser à ceux qui ne sont pas revenus (la séquence où les familles des deux rescapés passent devant les photos des milliers de disparus demeure fort poignante et authentique). A quand un film baptisé "Pentagone" ou "Vol 77"?
Runaway - L'évadé du futur
Date de sortie : 07 Août 1985
Réalisé par Michael Crichton
Avec Tom Selleck, Cynthia Rhodes, Kirstie Alley
Film américain.
Genre : Science-Fiction
Durée : 1h 36min.
Année de production : 1984
Titre original : Runaway
Dans un futur relativement proche, toutes les tâches domestiques sont accomplies par les robots. Lorsque certains d'entre eux tombent en panne, une section spéciale de la police est chargée de les neutraliser...
Si Michael Crichton était un excellent écrivain, il n'était en rien un metteur en scène de génie. Cela dit, il est l'un des rares auteurs à avoir su montrer un minimum de talent lors de leur passage derrière la caméra, ce qui est évidemment tout à son honneur. Ce "Runaway" n'échappe pas vraiment à la règle, ni brillant ni mal fichu, il arrive néanmoins à poser un regard intéressant sur la société, trouvant un équilibre plutôt convaincant entre paranoïa et polar plutôt bien conduit. Cela dit, l'ensemble a tout de même une légère tendance au minimalisme, empêchant systématiquement le film de décoller vraiment. Le budget n'aidant il est vrai pas beaucoup, on a la plupart du temps l'impression de suivre une bonne série B, disposant certes de quelques bonnes idées, mais ne trouvant en rien la maestria qu'elle aurait pu nous offrir avec un scénario plus approfondi. Reste que le spectacle demeure dans l'ensemble plutôt plaisant : ce "Runaway" saura donc nous faire passer une assez agréable soirée, à défaut de nous marquer sur la durée.
Les Révoltés de l'an 2000
Date de sortie : 02 Février 1977
Réalisé par Narciso Ibanez Serrador
Avec Lewis Fiander, Prunella Ransome, Luis Ciges
Film espagnol.
Genre : Fantastique, Epouvante-horreur
Durée : 1h 47min.
Année de production : 1976
Interdit aux moins de 16 ans
Titre original : ¿Quién puede matar a un niño?
Un couple de touristes anglais arrive sur une île espagnole. Bientôt, ils se rendent compte que les enfants règnent en maîtres sur l'île et qu'ils assassinent tous les adultes.
Qui peut tuer un enfant ? C'est la question posée au spectateur, une question dont la réponse paraît évidente au premier abord. Car en effet, voilà une interrogation que tout être croit pouvoir répondre sans la moindre hésitation. Le film, vous l'aurez compris, est une métaphore de la réalité dans toutes les guerres qui génèrent la mort de millions d'enfants dans le monde depuis des décennies et l'idée du réalisateur est de transformer ces victimes en bourreaux contre ceux qui n'hésitent pas à faire feu contre eux. Evidemment, ce film déclencha la fureur de la censure et fut interdit pendant très longtemps et penser élaborer un tel film de nos jours paraît inconcevable et impossible. Montrer l'inmontrable, des enfants torturer et éliminer des adultes avec une cruauté rarement égalée, voici l'exemple du film le plus controversé du cinéma fantastique des années 1970. Si le sujet est original, la trame, elle, est diabolique. La mise en scène est extraordinaire, permettant à un scénario très riche et très dense d'être sublimé par des images sanglantes et d'une musique véritablement angoissante et tonitruante. Le réalisateur dirige son film de main de maître et installe une tension extrême et encore plus effrayante que certains films comme "Zombie" de Romero qui sortira deux ans plus tard ou "Les oiseaux" d'Alfred Hitchcock. Voici un film dérangé, effroyable, effrayant, distillant une intrigue unique, malsaine qui vient perturber l'ordre établi et affiche des scènes de violence extrême jusqu'au dégoût. Le dénouement est inattendu, ignoble, répugnant, le tout forme un grand film fantastique d'épouvante qui viendra apeurer le plus téméraire des spectateurs. Le réalisateur espagnol Serrador livre ici son long-métrage le plus abouti de sa filmographie, un film qui laisse une trace indélébile et qui possède tous les éléments pour qu'on le traite comme un grand classique du genre. Il constitue l'un des tous premiers films à finalité pessimiste, un chef-d'œuvre malsain !
19 septembre 2009
Henry, portrait d'un serial killer (spécial: c'est un céréale quileur!)
Réalisé par John McNaughton
Avec Michael Rooker, Tracy Arnold, Tom Towles
Film américain.
Genre : Drame, Epouvante-horreur
Durée : 1h 30min.
Année de production : 1986
Interdit aux moins de 16 ans
Titre original : Henry, Portrait of a serial killer
Henry, portrait d'un serial killer est un film basé sur la vie et les 'exploits' macabres de l'un des tueurs en série les plus monstrueux de toute l'histoire des Etats Unis: Henry Lee Lucas. Comme tous les serial killers Harry possède un double visage, celui d'un homme ordinaire sans histoire, et un autre qui l'entraine dans une folie meurtrière sans précédent en compagnie de son ami et 'collègue' Otis Toole.
Film d'une noirceur abyssale, auquel on peut faire l'analogie avec un autre film de serial killer glauque réalisé 6 ans plus tôt, le bien nommé Maniac de William Lustig. Henry... est une œuvre à la croisée des genres, injectant à la fois une approche dramatique - les relations que tissent les 3 protagonistes principaux -, sociale - la déchéance sociale des personnages - et gore - les scènes de meurtres très malsaines. Il est difficile d'éprouver du plaisir en regardant ce film aux vues de la violence dégagée accru par l'aspect documentaire de la mise en scène et l'interprétation magistrale de Michael - Henry - Rooker (Je vous conseille d'ailleurs fortement de voir le film en VO pour la voix rauque de l'acteur). Si le film arrive à ce point à nous dégoûter de cet enchaînement de meurtres et de violence gratuite, c'est qu'il réussit son objectif à nous immerger dans les bas-fonds de la société américaine faite de pauvreté, de viol et de violence. Le metteur en scène n'établit aucune distance entre les personnes et les spectateurs. Voilà la grande force de ce film.
Copland
Date de sortie : 29 Octobre 1997
Réalisé par James Mangold
Avec Sylvester Stallone, Robert De Niro, Harvey Keitel
Film américain.
Genre : Policier
Durée : 1h 35min.
Année de production : 1997
Titre original : Cop Land
Distribué par Gaumont
A Garrison, cité-dortoir pour les flics de New York, le shérif Heflin est un dépressif obèse que personne ne respecte. La loi du silence de la profession lui impose un jour de masquer une bavure mortelle, mais l'insistance de l'incorruptible enquêteur Tilden va l'obliger à faire un choix...
Copland est un film policier, signé par le talentueux James Mangold (Walk the Line, 3h10 pour Yuma), sorti en 1997. Y figure un casting en or composé de Robert De Niro, Ray Liotta, Harvey Keitel, Robert Patrick et surtout Sylvester Stallone à l'époque en pleine chute libre. Garrison surnommée "Copland" est donc une ville de flics dont certains, ripoux, complotent avec la Mafia et blanchissent de l'argent. Quant au shérif Freddy Heflin (Stallone) en raison de sa surdité n'a droit qu'au menu fretin : accidents de la circulation, conflits de voisinages...Il faut saluer la prestation de Sly bien loin de ses films testostéronés auxquels il nous avait habitué dans les années 80. Il joue ici le rôle d'un flic avec des kilos, cassant ici son image, malentendant, un peu benêt ne sachant pas s'il doit fermer les yeux sur les agissements de ses collègues ou au contraire se comporter comme un flic intègre. Point d'explosions toutes les 30 secondes ou de fusillades, Mangold privilégie l'enquête minutieuse et les états d'âme d'un homme qui n'a pas pu faire le métier qu'il souhaitait ni épouser la femme qu'il aimait. La fin est filmé à la manière d'un western, au ralenti, avec la surdité de Freddy, genre que le réalisateur revendique pour qualifier Copland. On aurait aimé peut-être que le personnage de De Niro soit un peu plus développé, avec plus de scènes entre lui et Stallone par exemple mais ce dernier effectue une réelle performance d'acteur et aurait amplement mérité l'oscar qui lui a été refusé. Le film fit injustement un four au box-office précipitant un peu plus Stallone dans une traversée du désert qui durera jusqu'à Rocky Balboa en 2006.
17 septembre 2009
La Petite Fille au bout du chemin
Réalisé par Nicolas Gessner
Avec Jodie Foster, Martin Sheen, Alexis Smith
Film américain, canadien, français.
Genre : Policier, Drame
Durée : 1h 34min.
Année de production : 1977
Titre original : The Little Girl Who Lives Down the Lane
Ryn, jeune Anglaise de treize ans, vit retirée avec son père, poète, dans une belle maison au bord de la mer. On ne voit jamais son père. Peu à peu plusieurs personnes disparaissent dans l'entourage de l'enfant.
"La petite fille au bout du chemin" est l'adaptation cinématographique du livre de Laird Koening, qui est d'ailleurs devenu le scénariste sur ce film. Koening a recherché à ce que le film de Nicolas Gessner soit fidèle à son roman. Un pari plutôt réussi. Tout comme le livre, le film de Gessner baigne dans un climat d'étrangeté, un climat envoutant. Les images dégagent également une réelle poésie, comme cette superbe scène d'introduction où l'on voit Rynn préparer un gâteau d'anniversaire, gâteau qui lui est en fait destiné pour son propre anniversaire qu'elle fêtera seule. Avec cette scène, le réalisateur ancre immédiatement son film dans une atmosphère inquiétante et troublante. "La petite fille au bout du chemin" n'est pas un film d'horreur. Il n'y a absolument aucune scène sanglante, on ne verra jamais ce qui se cache dans la cave. C'est un film tout en finesse et raffinement, qu'on pourrait rapprocher de certains films anglais, comme "Les innocents" par exemple, sans l'élément surnaturel. En fait, on pourrait définir le film comme étant un conte, mais qui s'adresserait aux adolescents. Gessner dresse le portrait d'une adolescente livrée à elle-même, devant s'occuper de tout, devant mentir sans arrêt sans jamais faire de gaffes, et ce, afin d'exécuter les volontés de son père. On ne peut pas dire que Rynn soit une enfant cruelle, mais elle est déterminée, et rien ne peut se mettre en travers de sa route. Quand on pense qu'elle n'a que treize ans, ça fait froid dans le dos. A ce titre, la scène finale nous laisse abasourdis devant sa maturité et son intelligence. Son regard figé, son visage n'exprimant aucune émotion nous fait frissoner. Le film est vraiment très habile dans l'art de nourir le mystère qui entoure la jeune fille. Les indices arrivent par touche successives et même si on se doute bien de ce qu'il y a dans la cave, le réalisateur parvient à maintenir l'angoisse jusqu'au bout. "La petite fille au bout du chemin" mérite vraiment d'être vu, pour son climat feutré, angoissant, étrange, pour ses acteurs, pour Jodie Foster, et pour cet aspect de conte pour adolescents qui nous immerge au frontière du fantastique...




























