01 juillet 2009
Strange Days
Date de sortie : 07 Février 1996
Réalisé par Kathryn Bigelow
Avec Ralph Fiennes, Angela Bassett, Juliette Lewis
Film américain.
Genre : Science fiction, Action
Durée : 2h 25min.
Année de production : 1995
Interdit aux moins de 16 ans
Distribué par UFD
Los Angeles 1999. Lenny Nero, flic déchu, mi-dandy, mi-gangster, s'est reconverti dans le trafic de vidéos très perfectionnées qui permettent de revivre n'importe quelle situation par procuration. Un jour, il découvre une vidéo révélant l'identité des meurtriers d'un leader noir.
Los Angeles le 31 décembre 1999 est une des meilleurs représentations d'une ville obscure en perdition où la violence policière fait la loi. Nous avons affaire ici à une univers quasi-cyberpunk, rendu notamment par les deck à flashback, appareils illégaux permettant de revivre, ressentir les émotions de n'importe quel passage de la vie de quelqu'un, ce procédé permet d'intégrer au film d'impressionnantes séquences en vue subjective, parfois très violente. Ici tout est mis en œuvre pour nous plonger au cœur du film, d'autant plus que la présentation de l'univers est très longue (l'intrigue ne démarre qu'au bout de 55 minutes !) et c'est tant mieux. Les personnages nous sont présenté en long et en large, nous découvrons ainsi Lenny, ancien flic reconverti dans le trafic de flashback, sympathique tchatcheur un peu loser sur les bords qui vit sur les souvenirs de son amour avec Faith, pimbêche chanteuse, et cherche à recoller les morceaux avec elle. Il a aussi de amis, comme la sculpturale Mace, femme forte au caractère trempée qui remplace avec brio l'inévitable héros masculin bodybuildé des films d'actions, alors que Lenny est plutôt la femme en détresse que Mace protège lors des situations périlleuses. Cet inversion des rôles est un exploit en soi, mais les nombreuses qualités du film ne s'arrêtent pas là. Il y a la réalisation nerveuse et ambitieuse de Kathryn Bigelow, qui fait qu'on ne s'ennuie jamais en 2h15 de film, une bande son excellente, des scènes d'actions inventives et sans concession. Il n'y a que le scénario qui pêche un peu, il n'est pas à la hauteur de l'ambition affiché d'un tel univers et j'avais deviné très tôt l'identité du bad guy. Mais ce qui compte c'est l'expérience même de 2h30 de film de science-fiction qui a les moyens d'égaler ses ambitions, comme en témoigne la spectaculaire scène finale de 35 minutes qui atteint des sommets en terme de fête et de saturation de foule pendant que des gens s'étripent.
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