Un chef de gang a disparu, ainsi qu'une énorme somme d'argent qu'il
avait en sa possession. Ses hommes se mettent à sa recherche, pensant
d'abord à un coup d'une bande rivale. Mais ils découvrent rapidement
que c'est un tueur professionnel qui se cache derrière toute cette
affaire.
Quand Miike se lâche, ça fait mal, très mal, extrêmement mal. Le
parti pris du film est que tous les personnages, quels qu’ils soient,
assument (ou n’assument pas) leurs penchants masochistes et/ou sadiques
et s’y adonnent tous avec une rare véhémence. L’histoire, tirée d’un
manga, est celle d’un tueur professionnel dont on retrouve les victimes
éparpillées en puzzle organique. A l’inverse du tueur froid et cynique,
on a ici un être bouleversé, toujours pleurant à moitié, persuadé en
son for intérieur de détester tuer alors qu’il y en prend un plaisir
mêlant masochisme et sadisme. Face à lui, à la tête d’un gang de
Yakuza, Tadanobu Asano, méconnaissable, purement génial, qui à
l’inverse de Ichi, sous des aspects relativement sadiques et
fondamentalement masochiste… Il est très difficile d’avoir un avis sur
ce film, car avec le recul il est très sympathique, fun, avec des
personnages tous plus tordus les uns que les autres. Mais durant le
visionnage du film, la violence extrême et constante fini par être
réellement insupportable. On ne peut pas dire non plus que la violence
soit gratuite puisqu’elle est l’essence même du film et des penchants
de chacun, mais est-elle réellement nécessaire, et surtout à ce point ?
Ichi the Killer, fait partie des rares œuvres qui divisent le
spectateur lui-même, et peut-être était-ce d’ailleurs là le but de
Miike, de fasciner et de révulser le spectateur pour cette violence, à
l’image de ses personnages…