16 novembre 2009
Bronson
Date de sortie cinéma :
15 juillet 2009
Réalisé par Nicolas Winding Refn
Avec Tom Hardy, Matt King, James Lance
Interdit aux moins de 12 ans
Long-métrage
britannique.
Genre :
Biopic,
Thriller
Durée :
1h32 min
Année de production :
2009
1974. Livré à lui-même, Michael Peterson, 19 ans, cherche à faire la
Une des journaux : rêvant de devenir célèbre, il tente de braquer un
bureau de poste avec un fusil à canon scié qu'il a lui-même bricolé.
Rapidement interpelé, il est d'abord condamné à sept ans de prison. A
ce jour, il a passé 34 années en prison, dont 30 en cellule d'isolement.
Les gens qui ont aimés "Bronson" citent
souvent son "caractère hypnotique" et la passion qu'ils ont éprouvé
pour ce personnage finalement plus mongol que véritablement dangereux
comme le suggère son statut auto-décerné de "détenu le plus dangereux
d'Angleterre". Loin d'avoir détesté le film qui est tout de même joué
et réalisé avec talent et qui a en plus visiblement été tourné dans des
conditions plus que difficiles, je n'ai pour ma part pas éprouvé la
moindre sympathie pour ce mec ni pour son histoire qui, pour résumer,
s'en tient à celle d'un malade mental dont l'objectif dans la vie
est... et bien on ne sait pas vraiment d'ailleurs, on voit qu'il prend
un certain plaisir à casser du maton mais voila c'est à peu près tout.
Winding Refn raconte la vie de ce personnage avec une distance
sublimée : quasiment tout le film est accompagné de la voix off du
criminel laissant à l'écran des images purement graphiques qui font
passer chaque épisode de la vie de Bronson pour des tableaux. Un choix
qui met d'autant plus en valeur que quand l'homme ne parle pas, le tout
est accompagné de musique soit classique soit électro 80's ce qui
représente assez bien l'approche qu'on peut avoir de la folie et de la
violence. Bref, tous les choix du réalisateur sont bons, si ce n'est le
choix de faire le film lui même qui n'a pas tellement d'intérêt, du
moins du point de vue de son histoire. On pourrait interpréter le film
comme une plongée dans un esprit malsain qui nous montrerait ainsi la
folie de la violence la plus gratuite et qui serait accompagné d'une
critique de l'État anglais (il faut dire que Bronson s'est a un moment
fait libérer pour avoir coûter trop cher à l'État) mais le parcours du
bonhomme est tellement vide qu'on se demande juste : à quoi bon ? Passons
le sens du film, le résultat avec sa faune de fous, de malades et
d'homosexuels file pas mal la gerbe. Un essai qui n'est pas fait par
une équipe de manchots certes mais dont je ne vois pas l'intérêt.
Le Bon, la brute et le truand
Date de sortie cinéma :
8 mars 1968
Date de reprise cinéma : 22 décembre 2004
Réalisé par Sergio Leone
Avec Clint Eastwood, Eli Wallach, Lee Van Cleef
Titre original : Il Buono, il brutto, il cattivo
Long-métrage
espagnol,
italien.
Genre :
Western
Durée : 2h36 min
Année de production :
1966
Pendant la Guerre de Sécession, trois hommes, préférant s'intéresser à leur profit personnel, se lancent à la recherche d'un coffre contenant 200 000 dollars en pièces d'or volés à l'armée sudiste. Tuco sait que le trésor se trouve dans un cimetière, tandis que Joe connaît le nom inscrit sur la pierre tombale qui sert de cache. Chacun a besoin de l'autre. Mais un troisième homme entre dans la course : Setenza, une brute qui n'hésite pas à massacrer femmes et enfants pour parvenir à ses fins.
Troisième et dernière collaboration entre Sergio Leone et Clint Eastwood après "Pour une poignée de dollars" et "Et pour quelques dollars de plus", "Le bon, la brute et le truand" atteint les sommets du western dit spaghetti parce que réalisé en Italie. Le maître des paramètres du cinéma formel alias Sergio Leone livre ici son meilleur western et maîtrise son long-métrage de bout en bout. Doté de trois acteurs américains qui possèdent ce qu'on appelle des figures de ce genre si particulier, le réalisateur italien dresse une épopée riche en rebondissements tout en gardant un style qui lui appartient. Sergio Leone utilise une fois de plus les talents de son compositeur favori Ennio Morricone qui élabore une musique mélodieuse et originale qui vient bercer un film empreint d'une violence affirmée et d'un cynisme délicieux teinté d'un humour noir qui vient prêter un sourire en coin au spectateur qui rit lors de scènes supposées horribles lorqu'on analyse la situation. Le scénario est bien ficelé et distille une intrigue prenante et assez riche portée par le rythme lent imposé par le maître italien. Le réalisateur montre une fois de plus la vision qu'il se donne de l'Ouest Américain en affichant des personnages détenant tous les mêmes défauts à savoir l'opportunisme, l'égoïsme, la cupidité, la violence et l'absence totale de morale. Sergio Leone livre donc un film dépourvu de tout tabou ce qui est une qualité remarquable pour l'époque des années 60 où le puritanisme des westerns hollywoodiens prenait le pas et masquait la réalité en mettant en valeur les qualités mais jamais les défauts. Le film se déroule au temps de la guerre de sécession et démontre bien par la force des images l'horreur des champs de bataille où s'éparpillent les cadavres et également présente l'esprit mauvais des militaires nordistes qui prenaient un plaisir immense à torturer les sudistes. Sergio Leone réalise un film puissant qui impressionne encore de nos jours par son caractère juste et moderne.
Le Bon, La Brute Et Le Truand - Bande annonce FR
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15 novembre 2009
Funny People
Date de sortie cinéma :
7 octobre 2009
Réalisé par Judd Apatow
Avec Adam Sandler, Seth Rogen, Leslie Mann
Long-métrage américain.
Genre :
Comédie dramatique
Durée :
2h20 min
Année de production :
2008
Dans le monde du stand-up, un comédien se retrouve dans un état de mort imminente...
Attendu comme le haut du panier de la comédie US du moment (avec forcément Judd Apatow aux manettes puisque le seigneur détient la totalité des terres hollywoodiennes en matière de zygomatiques), "Funny People" s'immisce intimement dans le monde du showbiz, et plus précisément du stand-up à l'américaine. Comme toujours dans cette petite famille que l'on aime retrouver (Apatow, Rogen, Mann, Sandler, Jonah Hill entre autres), l'amitié est au coeur du récit. Les personnages se perdent pour mieux se retrouver autour de tous ces mots doux que le cinéaste affectionne, en général concernant le grand bras masculin ou les mensurations épiques de la femme. Si la vulgarité est acceptée (pas tant gratuite qu'affectueuse envers les personnages et le public), le moment est, à défaut d'être grandiose, tout à fait sympathique. Car malheureusement l'ambition de ce "Funny People" n'est pas executée. Apatow en demande beaucoup et se voudrait l'héritier d'un comique fantôme (on ne sait trop qui, peut-être un peu de Peter Sellers?), mais passe à côté de la richesse thématique que lui offre son sujet. La dramaturgie n'a jamais l'ampleur nécessaire pour travailler sur tous les fronts ; la critique, la caricature, la comédie familiale, le mélodrame, la romance et l'humour jeune. Malgré la longueur du métrage, assez rare dans le genre, cela ne suffit pas à compléter tout ce que le scénario réclame de famine, ainsi les démarches s'annulent quasiment toutes et deviennent superficielles. "Funny People" n'est pas mal construit ou mal pensé, il est simplement trop léger pour rester gravé dans les mémoires et atteindre celui qui est déjà passé là avant : Milos Forman et son "Man on the moon", vertigineuse plongée dans le monde du comique américain, avec ce qu'il fallait d'inventivité et d'exubérance. Le schéma de "Funny People", lui, reste trop classique, et certainement pas adapté au milieu qu'il décrit pourtant avec une familiarité qui sonne comme une évidence.
Funny People - Bande-annonce VOST
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Full Alert
Date de sortie cinéma :
18 juillet 1997
Réalisé par Ringo Lam
Avec Lau Ching-Wan, Francis Ng Chun-Yu, Amanda Lee Aday
Titre original : Go do gaai bei
Long-métrage
hong-kongais.
Genre :
Drame,
Policier,
Action
Durée :
1h38 min
Année de production :
1997
Pao Wai-hung, un flic acharné, arrête Mak Kwan, un simple perceur de
coffre fort, suite à la mort d'un architecte. Lors de la confrontation,
les choses tournent mal : Mak Kwan n'assume pas son crime et est bien
déterminé à s'évader au plus vite. Pao, de son côté, voit ses
convictions remises en doute. Le flic et le criminel seraient-ils plus
proches qu'ils ne l'imaginent ?
Un flic (Lau Ching Wan) va aller jusqu’au bout de lui même pour traquer un voleur (Francis Ng) : schéma classique, mais qui accouche cette fois ci d'un polar d'exception. La vision qu'a Ringo Lam de HongKong est sordide. Les ruelles sombres et labyrinthiques, souillées par toute la crasse du monde, sont littéralement repoussantes. Les immeubles sont laids, sales et peuplés de gens désoeuvrés. Au milieu de ce triste décor se dresse Lau Ching Wan, dans la peau d'un flic intègre mais qui va donner tellement de sa personne pour retrouver un malfrat qu'il mettra en péril son équipe, mais aussi sa propre famille. La frontière entre la vie privée et la vie professionnelle est infime ; si l'une commence à empiéter sur l'autre, c'est le début de la fin. L’inspecteur Pao s'en rendra peut-être compte trop tard, lui qui ne recule désormais devant rien pour résoudre cette affaire : cet acharnement est magnifiquement illustré par la scène où l’inspecteur Pao s’abaissera jusqu'à fouiller dans une poubelle nauséabonde pour retrouver son arme et poursuivre Mak Kwan... scène qui s'achèvera par un tir malheureux du flic sur un motard qui passait par là. Pao continuera sa course poursuite plutôt que de prendre le temps de s'attarder sur le malheureux… Parallèlement au mal être transpirant de l’inspecteur Pao, le voleur interprété par Francis Ng connaît également son lot de tristesses. Il n'est pas vraiment à l'aise dans la peau du "méchant"de service, et les hommes qu'il a déjà tués reviennent constamment le hanter. Il doit faire face aux flics mais également à ses collègues, parfois suspicieux à son égard. Malgré tout cela il doit aussi trouver le temps de penser à sa femme. A l'instar de l’inspecteur Pao, il se ne rendra pas immédiatement compte des risques et des drames qu'il l'oblige à endurer... On sent les deux hommes fatigués, au bout du rouleau, marqués par la vie et ses souffrances. Chaque nouvel effort semble mettre à mal leur corps et leur moral. FULL ALERT recoupe donc les thèmes propres au cinéma de Ringo Lam : mince frontière entre le bien et le mal, personnages en proie aux doutes et à leurs démons intérieurs, relations tendues et ambiguës entre les personnes présumées bonnes et les présumées plus mauvaises, psychologie des personnages fouillée en profondeur : FULL ALERT est ainsi (à mes yeux) le dernier grand film de Ringo Lam. Il sera suivi de deux bons films (THE SUSPECT et VICTIM) encore bien représentatifs du style Lam, puis par des productions mineures, voir catastrophiques, même si l'ambiance des films passés transpire encore parfois de ces oeuvres là. FULL ALERT est donc un polar à voir absolument, un vrai grand film grâce au jeu des acteurs principaux, grâce à la mise en scène plutôt simple de Ringo Lam qui n'abuse jamais d'effets pour en mettre plein les yeux, grâce à cette histoire sordide, magnifiquement écrite (par Lam), d'un flic qui veut aller jusqu'au bout pour accomplir sa mission... jusqu'à la scène finale, une des plus belles de l'histoire du cinéma HK.
13 novembre 2009
L'Âge d'or
Réalisé par Luis Buñuel
Avec Pierre Prévert, Gaston Monot, Lya Lys
Long-métrage
français.
Genre :
Drame,
Comédie,
Fantastique
Durée : 60 min
Année de production :
1930
Sur un scénario de Buñuel et Dali des images folles, un film choc qui fut longtemps frappe d'interdiction et provoqua la parution du "Manifeste surréaliste".
Suite au «Chien andalou» (France, 1928), le surréalisme s’affiche et dérange, différemment, dans «L’Âge d’or» (France, 1930) de Luis Buñuel. Là où le premier court-métrage dérangeait par son illogique narration et par la folie onirique de son contenu, «L’Âge d’or» possède une histoire plus réelle, tout en étant à des milliers d’années lumières du réalisme. Grosso modo, c’est l’histoire d’un homme (Gaston Modot) qui a pour mission de venir au secours d’enfants, de femmes innocentes et de pauvres vieillards. L’homme semble donc incarné le modèle type du héros, à la rescousse de la pauvre et de l’orphelin. Mais l’ironie grinçante de Buñuel, ironie qui ne retrouvera son mordant efficace qu’avec «La Voie lactée» (France-Italie, 1969) et «Cet obscur objet du désir» (France-Italie, 1977), fera croiser au présumé héros le chemin de la folie passionnelle. L’ironie pèse tout le long du film, elle pèse tellement qu’elle est le négatif de la légèreté que dégage l’oeuvre. Sommes de barbarie : meurtre sauvage d’un enfant comme un vulgaire canard, violence gratuite sur un aveugle inoffensif et une bourgeoise servile, etc… Buñuel ri de cette gravité, il en ri pour ne jamais en pleurer car ici l’art n’est pas dans sa valeur illustrative, elle y est expérience avant de devenir politique pour «Terre sans pain» (France, 1932). Heureusement le film, bardé de surréalisme, grâce à une causalité des plus démunis de logique, n’affiche jamais d’irresponsabilité. «L’Âge d’or» l’est peut-être du cinéma artistique. Le plan final de «L’Âge d’or» tout aussi étrange que le reste laisse une ouverture immense vers l’œuvre buñuelienne. «L’Âge d’or» et «Un chien andalou» se révèlent a posteriori les immenses introductions de l’œuvre de Luis Buñuel.









